Le projet
Environ deux millions d’animaux sont utilisés en France chaque année pour différents protocoles expérimentaux. Ce chiffre ne prend pas en compte tous les animaux qui n’ont pas été utilisés, ceux euthanasiés pour des prélèvements d’organes ou de tissus ni les reproducteurs : ils sont deux millions de plus.
Depuis sa création, l’objectif de White Rabbit est de faire connaître la réhabilitation au grand public, comme aux personnes qui travaillent dans les laboratoires. Les membres de l’association participent donc régulièrement à des salons ou des conférences pour diffuser le concept de réhabilitation. L’objectif de l’association est aussi de proposer aux chercheurs, instituts et laboratoires, une alternative concrète à l’euthanasie pour les petits animaux en pleine santé.
La règle des 3 R
Au cours des deux derniers siècles, des principes ont été développés dans le but de répondre aux préoccupations concernant l’utilisation des animaux de laboratoire. Il s’agit de Remplacer, Réduire et Raffiner (“3 R”) l’utilisation des animaux à des fins scientifiques.
- Remplacer l’utilisation d’animaux : par des cellules ou des tissus (in vitro) ou sur des modèles numériques (in silico)
- Réduire diminuer le nombre d’expériences et d’animaux
- Raffiner : amoindrir la souffrance et le stress, améliorer le bien-être
Dans la logique de cette démarche, un quatrième R pourrait être la Réhabilitation de ces animaux arrivés en fin de protocole.
Les domaines d'expérimentation
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques concerne divers domaines. Dans 10% des cas, celle-ci est rendue obligatoire par la loi ou les réglementations européennes : pour les médicaments ou les dispositifs médicaux à usage humain ou vétérinaire, les produits alimentaires, ainsi que pour l’industrie chimique. Les tests sur les animaux pour les cosmétiques et leurs ingrédients sont interdits dans l’UE, de même que leur commercialisation, depuis 2013 (règlement européen de 2009).
L'euthanasie comme conséquence
L’euthanasie des animaux utilisés pour la recherche est parfois nécessaire dans le cadre de l’expérimentation ou pour le bien-être de l’animal, mais la grande majorité est sacrifiée sans raison. Dans 83% des cas, ils ne présentent pas ou peu de séquelles suite au protocole (gravité légère ou modérée). Les animaux reproducteurs et ceux qui n’ont pas été utilisés (surplus de reproduction, protocole annulé…) sont également nombreux. Il est possible de proposer une alternative à leur euthanasie, en offrant une retraite paisible à ces animaux au sein d’une famille, grâce à la réhabilitation.
Que dit la loi ?
L’adoption des animaux de laboratoire a toujours existé, de manière informelle, au sein des établissements. Mais depuis 2010, un cadre législatif définit le placement des animaux utilisés ou destinés à être utilisés dans des procédures expérimentales, sans aucun caractère obligatoire.
La réhabilitation des animaux de laboratoire est autorisée par l’article 19 de la Directive 2010/63/UE du Parlement européen et du Conseil et l’article R.214-112 du code rural français, à quatre conditions cumulatives :
- Leur état de santé le permet, certifié par un vétérinaire
- Il n'y a pas de danger pour la santé publique, la santé animale ou l'environnement
- Des mesures appropriées sont prises pour préserver le bien-être animal
- Les animaux à placer sont sociabilisés à l'être humain
Les démarches
Les animaux pouvant bénéficier de la réhabilitation sont sélectionnés au sein des laboratoires par les personnes habilitées (chercheurs, vétérinaires, animaliers…). Un certificat de bonne santé doit être établi par le vétérinaire du laboratoire. Le replacement des animaux est accordé par le préfet du lieu de placement, représenté par la direction départementale de la protection des populations (DDPP), sur demande du laboratoire. Un contrat est souvent établi entre le laboratoire et les nouveaux propriétaires légaux des animaux.
Les acteurs de la réhabilitation
La plupart des éleveurs et des laboratoires passent aujourd’hui par une association spécialisée dans la réhabilitation pour replacer leurs animaux. Quelques associations œuvrent, notamment en Europe, pour prendre en charge ces animaux selon leurs besoins (adoption par des particuliers pour les animaux de compagnie, placement en refuge pour les animaux de ferme ou les primates par exemple).
Chacune à son mode de fonctionnement : certaines sont des intermédiaires entre les laboratoires et des associations de protection animale classiques (comme le GRAAL) ; d’autres accueillent les réhabilités dans un refuge ou dans des familles d’accueil en attendant leur adoption, etc. En France, à notre connaissance, seules quatre associations se consacrent aux animaux issus de laboratoire : le GRAAL, Ethosph’R (replace les animaux via les magasins Botanic), Beagles of Burgundy (accueille et fait adopter des chiens) et White Rabbit.
Les actions
White Rabbit souhaite offrir une retraite méritée et dans les meilleures conditions possibles à chacun des animaux qu’elle prend en charge. Dès leur sortie de laboratoire, l’association place les animaux réhabilitables dans des familles d’accueil afin qu’ils y soient progressivement préparés à la vie de famille qui les attend chez leurs futurs adoptants.
Les NAC
White Rabbit se consacre aux petits animaux de laboratoire, qui sont les plus nombreux à être utilisés pour les protocoles expérimentaux. Si l’association a d’abord accueilli des lapins, espèce que les cofondatrices connaissaient la mieux, elle prend désormais en charge 7 espèces différentes de NAC (nouveaux animaux de compagnie) : lapins, rats, souris, cobayes, hamsters, furets et poissons. Cela s’est fait progressivement, à la demande des laboratoires et grâce au recrutement de bénévoles qui connaissent bien ces espèces.
En 2014, première année d’existence de l’association, aucun animal n’a pu être pris en charge par White Rabbit. Il a fallu attendre un an pour avoir la confiance d’un laboratoire et que les premiers lapins puissent sortir : 11 femelles dont les noms commençaient par la lettre A. Au rythme d’une lettre par sortie de laboratoire, nous en sommes à la 3e série de lapins H (soit 60 sauvetages et 181 lapins). À la demande des laboratoires, l’association s’est ensuite diversifiée. Depuis sa création, White Rabbit a permis de réhabiliter 2 941 animaux de 7 espèces différentes.